Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image

JAMES HORNER FILM MUSIC | November 22, 2017 |

Scroll to top

Top

BLACK GOLD : LES POÈTES DU DÉSERT

BLACK GOLD : LES POÈTES DU DÉSERT
Grâce à Colosseum Music Entertainment, nous vous proposons une analyse, morceau par morceau, du dernier album de James Horner.
Attention, de nombreuses révélations sur l'intrigue du film y sont exposées.
Plus de dix ans après Stalingrad (Ennemy At The Gates), James Horner retrouve le réalisateur français Jean-Jacques Annaud pour Or Noir (Black Gold). Cette nouvelle collaboration nous emmène cette fois au cœur du désert de l'Arabie, loin de la froideur des hivers russes.
1. Main Title — A Desert Truce (6:34)
Une voix s'élève vers le ciel, brisant le long silence que nous avons enduré depuis Karate Kid. Ce chant exécuté par la star qatarienne Fahad Al-Kubaisi nous embarque immédiatement vers le Moyen-Orient et sonne comme l'Adhan, l'appel à la prière dans les pays musulmans. Entre les différents phrasés, un écho empêche le silence et crée une sensation d'espace comme si le son de la voix était emporté par le vent à travers le désert.
 
Puis un son grave, suggérant celui qui accompagne les incantations qawwalî de Rahat Nusrat Fateh Ali Khan dans l'introduction de Frères Du Désert, cherche à instaurer un climat pesant. Toutefois, l'effet est de courte durée, car les cors réconfortants apparaissent, entonnant un motif de cinq notes soutenues par le son cristallin du chimes. La féerie commence : James Horner, au piano, s'adjoint à Al-Kubaisi et fait naître petit à petit le thème du film, mariage obsédant entre le thème de Stalingrad, de lointaine inspiration malherienne, et celui d'Elena dans Le Masque De Zorro. A 1'14, Susheela Raman rejoint les deux artistes afin de créer ensemble une introduction envoûtante et poétique pour le générique du film. Puis Dhafer Youssef prend le relais dans les aigus. Mais les cinq notes de cor interrompent ces poètes pour marquer l'apparition du titre du film à l'écran, mais aussi du désert, personnage à part entière (2'08). L'histoire débute.
 
 
Nesib (Antonio Banderas), Émir de Hobeika, vainqueur de l'armée d'Amar (Mark Strong), Sultan de Salmaah, impose sa condition de paix : personne ne pourra revendiquer la Ceinture Jaune, la zone de no man’s land qui les sépare. En guise de garantie, Nesib adopte les deux fils d’Amar, Saleeh et Auda.
 
 
C'est un paysage de désolation qui se présente face à nous. Durant quatre minutes, James Horner utilise la gravité des cordes et d'un piano pour entretenir, en arrière plan, une tension sourde et latente. Un solo de tuba, représentant le dialogue entre les deux hommes, exprime tout l'enjeu de la situation. L'avenir des deux garçons est scellé autour d'un solo de hautbois reprenant le thème principal, évoquant le désespoir. Ensuite, un cor plaintif accompagne une triste nouvelle. En effet, quelques jours plus tard, Nesbib vient annoncer aux enfants que leur mère est morte de chagrin. Le cor termine alors son discours sur un motif à quatre notes, symbole d'un destin qui s'acharne. La tension retombe enfin, laissant place à un solo magnifique de flûte, à la manière d'un largo de Chostakovitch, écho d'une enfance à jamais perdue.
 
2. Horizon To Horizon (3:59)
Le thème, joué en duo par un hautbois et une harpe, ouvre le morceau, rythmé par une note basse en do. Puis une clarinette prend le relais, avant que les violoncelles ne reprennent seuls la thématique. Les cordes lui confèrent ainsi, de par l'ampleur de leur jeu, rondeur et légèreté, donnant l'impression que la musique ondule et parcourt le désert en suivant la courbe des dunes. Le piano orne le tout de douceur évoquant l'enfance agréable vécue par Auda auprès de la princesse Leyla, la fille de Nesbib. A l'image de cette dernière, la musique est élégante et belle.
 
L'atmosphère sombre du premier morceau refait toutefois surface, comme pour rappeler que la présence d'Auda et de son frère Saleeh constitue un enjeu politique. Le désert, à travers la caméra de Jean-Jacques Annaud, est présenté comme un espace noble et sans limite. Ainsi James Horner s'appuie sur un motif de cordes déjà utilisé pour représenter la profondeur de l'océan dans Titanic. A partir de celui-ci, il construit un de ces crescendos dont il a le secret, et qui va lui permettre d'exposer pour la première fois le côté majestueux de son thème. Celui-ci explose ainsi à l'écran, alors qu'un avion survole la cité. A son bord, un entrepreneur américain texan, assoiffé de pétrole, arrive pour suggérer à Nesib de commencer l'exploitation de l'or noir, en grande quantité dans le sol de la Ceinture Jaune. Le hautbois conclut le morceau sur cette promesse de richesse faite à l'Émir.
 
 
3. The Wonders Of Wealth (1:49)
Rappelant quelque peu l'exaltante musique des années 80, ce morceau dépeint avec ironie et humour les investissements désintéressés (école, hôpitaux, bibliothèque…) de Nesib. Nous retrouvons ainsi un James Horner espiègle et moqueur, qui parodie cette ivresse de l'argent recherchée par l'Émir, au détriment du pacte qu'il avait fait douze ans auparavant. La note de trompette introductive, jouée trop haute, résume parfaitement l'impulsivité du personnage. L'opulence est totalement caricaturée à travers une orchestration primesautière, pétulante et légère. bid vs ask . A cet état euphorique s'ajoute un sentiment de farce et de grotesque, provoqué par des cors en sourdine et un tuba prépondérant. Nous ne sommes pas très loin d'un Grinch facétieux et d'un Balto un peu fou-fou.
 
 
4. “I Have Chosen You” (3:22)
Ce morceau marque le début de l'idylle entre la princesse Leyla et le prince Auda. Ce dernier est tout d'abord méfiant et sceptique vis-à-vis des intentions de la fille de Nesbib. Leyla déclare sa flamme, présente en elle depuis son plus jeune âge, et progressivement le prince prend conscience de la véracité des sentiments de la jeune fille. Le compositeur, au piano, sur des accords pianissimo, aigus et clairsemés, fait apparaître délicatement et lentement le thème du film, en partant du motif interprété par les cors au début de l'album. Cette introspection tout en retenue, typique chez James Horner, montre ainsi l'éclosion progressive de l'amour entre les deux personnages. Cette romance pudique est confirmée par un thème secondaire au cor, très lent et legato, amenant à une déclinaison du thème principal qui, par son orchestration descendante, sert de conclusion.
 
 
5. “You Were A Prince” (1:47)
Cette courte pièce marque un tournant dans l'album. Première incursion d'instruments ethniques et de percussions, elle fait allusion au début du conflit pour l'or noir et à sa première victime, Saleeh, parti rejoindre son père Amar, suite à la rupture du traité de paix par Nesib. Saleeh est assassiné pour acte de trahison. Ce meurtre est traduit musicalement par un soubresaut inquiétant et de mauvais augure. La tension retombe ensuite progressivement, pour laisser la place à une complainte amère, où la voix de Dhafer Youssef annonce le deuil à venir et les sombres conséquences de cet événement tragique.
 
 
6. Leaving As An Emissary (5:19)
A peine remis de la disparition de son frère, Auda doit, sous l'ordre de Nesib, se résoudre à quitter Hobeika et la princesse Leyla, pour aller négocier la paix avec son père Amar. La musique se concentre sur l'état d'esprit du jeune prince : elle débute par un sentiment d'inquiétude, puis se poursuit par une brève interrogation qui cède sa place à la résignation. Le départ et la séparation sont inévitables. Ce morceau propose alors une version passionnée du thème, d'abord de manière dramatique, puis dans un romantisme exacerbé. Cors, bassons et clarinettes succèdent ensuite à ce lyrisme éclatant, pour évoquer le souvenir des premiers instants de solitude vécus par les jeunes mariés.
 
7. Father And Son (1:50)
Retour aux sources pour le jeune prince Auda, qui retrouve son père mais également son demi-frère Ali, médecin qui ne croit pas en Allah et prône les bienfaits de la société occidentale. Ce petit morceau intimiste est d'une très grande fraîcheur. Le doux timbre de la voix apaisante de Dhafer Youssef accompagne très discrètement une harpe, un piano, un violoncelle et des percussions légères. Ce morceau ne fait écho à aucune autre phrase thématique du score, il est unique, tant par sa sobriété, que par sa limpidité et son émotion simple et mélancolique. Sur un rythme doux et hors du temps, James Horner accompagne avec pudeur et authenticité une relation filiale retrouvée après douze années de séparation.
 
8. Phantom Army (1:48)
Auda prend la décision de se rallier à la cause d'Amar, son vrai père, et de suivre son stratagème pour attaquer l'exploitation pétrolière. Il devra se faire passer pour lui et focaliser ainsi l'attention des troupes de Nesib. Toutefois, il ne sait pas où ce choix va le mener : à la mort, à la perte de son honneur, au désamour de Leyla ? Comme pour représenter son questionnement, le piano hésitant ne sait pas s'il doit monter ou descendre. Il est pris entre deux voix, qui pourraient être celles de la raison, le pour et le contre : l'une, très aiguë, semble se débattre et implorer de l'aide, l'autre, en totale contradiction, est plus posée mais fataliste. C'est finalement cette dernière qui l'emporte, et le combat moral cède la place au soulagement et à la lumière.
 
9. “So This Is War” (1:56)
Auda vient d'être confronté à son premier combat dans le désert. La voix incroyable de Dhafer Youssef accompagne le piano, qui interprète une mélodie nostalgique, celle qui hésitait dans le morceau précédent et qui, à présent, révèle un remord. C'est ici le sentiment de perte qui est évoqué, la perte de la vie de par les morts qui jalonnent le périple, la perte de l'innocence car l'expérience de la guerre va modifier à jamais sa perception du monde, mais également par anticipation, la perte éventuelle de l'amour de sa princesse… Avec les deux morceaux précédents, So This Is War forme un trio intimiste, incitant à la méditation.
 
10. The Blowing Sands (4:27)
La traversée du désert commence à devenir éprouvante pour Auda et son armée. Les corps faiblissent et s'effondrent sous la chaleur accablante du désert. Cette chaleur, amplifiée par une lumière aveuglante, produit une sensation oppressante qui fait tourner la tête. Ainsi le duo piano / flûte dans les aigus, au début du morceau, décrit les prémices d'un malaise, d'un vertige mortel. Ces quelques notes fuyantes sont comme les dernières réserves d'eau qui s'évaporent. Rien ne peut les retenir, surtout quand les tremolos intenses des violons et le déroulement des cymbales, semblables à du sable brûlant mû par un vent torride, accentuent cette sensation d'aridité. La syncope ne se fait pas attendre, d'autant plus qu'une voix incandescente se superpose à cet enfer. L'orchestre mime l'épuisement, la défaillance et la perte vitale. Il n'y a aucun recours possible, toute résistance est vaine et le thème, assoiffé, se désagrège. L'étourdissement est général et le soleil poursuit son ardente action. James Horner profite de ses orchestrations pour aller au-delà de l'accompagnement musical. Il imite l'environnement avec les sons, il procure des sensations réelles, en nous donnant l'impression d'être en proie aux morsures du soleil et du sable. La précédente occasion pour le compositeur d'exceller dans cet exercice de mise en situation, c'était pour nous donner le mal de mer, sur un bateau en pleine tempête…
 
 
Soudain, à la vue de la mer (2'17), l'espoir renaît, les corps affaiblis se redressent, puisant dans le peu de forces restantes. Mais à l'image du cor qui s’essouffle avant même la fin du thème (2'54), la joie est éphémère, car la salinité de l'eau empêche les hommes d'étancher leur soif.
 
Complètement déshydratés, ces derniers s'allongent alors un à un sur la plage, en attendant une mort certaine. Le piano mélancolique accompagne la voix plaintive et asséchée de Dhafer Youssef. Le chanteur semble même exécuter un râle (3'36) caractérisant la souffrance physique du manque d'eau.
 
11. Fresh Water (1:51)
Dans le silence funeste qui s'instaure peu à peu sur le rivage, un bruit empêche les esprits de mourir dans le calme… C'est une source d'eau douce cachée dans la mer ! Le contraste avec le morceau précédent est saisissant. Les cordes s'agitent et s'éveillent, le thème est réhydraté par le piano, les cloches et le chimes nous abreuvent de joie. Les violons totalement enjoués et exaltés installent une euphorie à la hauteur du soulagement vécu. A ce moment, une gorgée d'eau douce a plus de valeur que tous les barils de pétrole du monde.
 
12. One Brother Lives, One Brother Dies (6:44)
Sur la route vers Hobeika, Auda est atteint à la tête par une balle d'un tireur qui l'a pris pour son père. Musicalement, cet instant dramatique est dépeint avec alerte et angoisse. Après deux coups de tambour, James Horner lâche ses cordes tout en bridant leur allure. Leurs phrasés, en contrepoints opposés, partent de l'aigu pour se fondre progressivement dans le grave, et s'éteindre doucement. Elles suscitent une mort probable et fatale.
 
Toutefois, après un bref silence, elles se ravivent et exécutent depuis le grave des bribes du thème principal. Leur impulsivité aide la musique à se relever, à se remettre d'aplomb, jusqu'à être totalement remise des émotions précédentes, avec un thème éclatant de vie (1'41). Auda n'est pas mort !
 
Mais une attaque aérienne interrompt brusquement cette "résurrection". Débute ainsi le premier morceau d'action épique de l'album, une action méthodique, carrée, au tempo lent, mais très appuyée par une rythmique régulière à la fois agitée et fluide. Les cuivres ont la part belle, ils s'expriment très ouvertement et soulignent le feu nourri des armes. Mais Ali est gravement blessé…
 
Le thème principal, avec un quatuor de cordes, s'éteint peu à peu sur plus de deux minutes au fur et à mesure que la vie quitte le corps d'Ali. Auda parvient à réconcilier son demi-frère avec Allah, afin qu'il affronte sereinement la mort. James Horner musicalise cette séquence émouvante avec cette retenue, cette pudeur qui caractérise si bien cette œuvre. La transition entre la vie et la mort est dépeinte par une suite de répétitions du thème qui descend inexorablement en passant par plusieurs instruments, par plusieurs sonorités de plus en plus froides et légères.
 
 
13. Battle In The Oil Fields (5:13)
Le stratagème d'Amar a fonctionné. Il a pu rejoindre furtivement la Ceinture Jaune, lieu de toutes les convoitises, grâce à la diversion de l'armée d'Auda. Mais Amar est tué juste avant d'envahir l'exploitation pétrolière (dans le film, c'est une version courte du début de One Brother Lives, One Brother Dies qui est utilisée pour mettre en musique la mort d'Amar). C'est donc l'heure pour son fils de prendre le pouvoir et de lancer une horde de cent chevaux sur les derricks de Nesib. Ce déferlement s'illustre au travers d'un morceau d'action soutenue.
 
Tout commence d'abord par des cors et des bois doucement amers, fatidiques. L'action est déjà lancée avant même qu'elle ne se fasse entendre. Les cordes, encourageantes, rythment un départ au combat. Le thème principal est fugitivement évoqué par un violon plaintif, amer, et quelque peu pétrifié. Puis une cadence déterminée s'installe, staccato, les troupes avancent et le morceau prend de la consistance et de la puissance, dopé par le grondement des trombones et du tuba. La marche guerrière devient progressivement épique avec le développement d'un thème joué par les cors, sur un contrechant de cordes optimistes, liées, presque passionnées.
 
 
James Horner impose ensuite une première cassure rythmique (1'46), permettant d'accélérer encore le mouvement, de le rendre toujours plus déterminé, plus syncopé. L'intensité musicale progresse ainsi avec une frénésie maîtrisée et des cuivres agressifs. A nouveau, l'élan est brisé et sur un tempo plus lent, le thème principal est transposé dans une marche épique et héroïque (2'39). Suivent des cordes qui s'étalent dans leurs accords, apportent confusion et fracas, et se délitent jusqu'à ce qu'une lumière revienne. La première partie du thème principal jouée successivement par une flûte, un hautbois et un cor conclut ce passage de bravoure. À 4'09 nous retrouvons le thème secondaire au cor entendu dans I Have Chosen You, il sonne la résolution du conflit, le soulagement après la bataille et les proches retrouvailles avec la princesse Leyla.
 
14. A Kingdom Of Oil (8:43)
Le prince Auda a conquis la cité et ses habitants, leur promettant une paix durable. Pour ne pas blesser Leyla, il laisse la vie sauve à Nesib, à la condition que ce dernier s'exile au Texas afin d'y défendre leurs intérêts. Finalement, les morts et la guerre pour l'or noir n'ont pas mis un terme à son pouvoir d'attraction. Le film se termine ainsi sur un plan montrant des puits de pétrole à perte de vue, représentation de l'exploitation intensive de la Ceinture Jaune.
 
Pour conclure l'album, un long morceau reprend le thème du film sous ses formes les plus majestueuses, avec une multitude de variations richement et finement orchestrées, notamment une dissonance intéressante par les cuivres (4'23). Les réminiscences des passages intimistes et mélancoliques du score terminent ce morceau, une  façon de nous rappeler les pertes humaines et les souffrances sur lesquelles s'est construit ce royaume du pétrole. Le dernier mot est laissé à Dhafer Youssef, poète lyrique de cette œuvre symphonique.
 
Comme nous l'avions déjà présumé au mois de novembre à l'écoute de la musique dans le film, James Horner livre avec Black Gold une œuvre cohérente et hautement inspirée. Il a su s'entourer, comme toujours, de solistes de talent, qui apportent à la partition une authenticité indéniable tout en continuant d'étayer son discours musical à travers notamment les performances de ses instruments fétiches : le hautbois et le cor.
Les grandes envolées du thème principal et ses nombreuses variations sombres ou lumineuses, les sublimes moments intimistes autour de la voix de Dhafer Youssef et du piano, qui occupent le milieu de l'album, mais aussi les rares orchestrations épiques qui le concluent, font de l'écoute des 55 minutes de l'album un plaisir constant. La collaboration avec le réalisateur Jean-Jacques Annaud réussit décidément à James Horner. En ce début d'année 2012, ces deux artistes du cinéma nous offrent un voyage poétique, au cœur du monde arabe, où fusionnent tradition et modernité, spectaculaire et intime.
 
 
Les poètes de Black Gold :
 
 
Dhafer Youssef, né le 19 novembre 1967 à Téboulba, est un compositeur, chanteur et oudiste tunisien.
Site officiel : http://www.dhaferyoussef.com/
 
 
Fahad Al-Kubaisi est un jeune chanteur qatarien.
Sites officiels : http://www.fahad-alkubaisi.net/
http://www.fahad-alkubaisi.com/
 
 
Susheela Raman, née à Londres le 21 juillet 1973, est une chanteuse anglaise d'origine indienne.
Site officiel : http://www.susheelaraman.com/