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JAMES HORNER FILM MUSIC | mai 23, 2019 |

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INTRADA: ENTRETIEN AVEC ROGER FEIGELSON

INTRADA: ENTRETIEN AVEC ROGER FEIGELSON
Etienne Walter
Acteur majeur du monde de la musique de films, Intrada a bien voulu nous ouvrir leurs portes, virtuellement, afin de nous expliquer davantage leur métier. Depuis 2009, la maison de disques contribue considérablement à l'enrichissement de nos collections de James Horner, avec de multiples et récentes éditions, la dernière en date étant Danger Immédiat. Questions / réponses avec Roger Feigelson, directeur du marketing de la maison.
 
 

Pouvez-vous nous parler de la création d'Intrada ?
A l'origine, Intrada était un magasin de bandes-originales dans les années 70, allié à une enseigne de posters de films de San Francisco appelé Cine Monde. Le propriétaire, Doug Fake, voulait développer sa propre édition de bandes originales, afin de pallier à la frustration née de l'absence de quelques éditions de grandes musiques de films. A cette époque, les maisons spécialisées dans les bandes originales de films n'étaient pas nombreuses. Il n'y avait probablement que Varèse Sarabande et Entr'Acte (devenu plus tard Souther Cross et Label X). Doug voulait commencer fort et avait travaillé en 1985 avec MGM pour sortir le score de Basil Poledouris pour Red Dawn. Un film relativement nouveau, des procédés novateurs et sans doute la première bande originale en édition limitée.
 
Quel est le rôle de chacun au sein d'Intrada ?
Doug est le président et ingénieur principal, Jeff Johnson gère le magasin, Regina est l'assistante de production, qui assiste Doug et moi-même dans l'élaboration des projets. Joe est notre directeur artistique. De mon côté, je gère le développement des affaires et le marketing. J'entretiens essentiellement les relations avec les ayant-droits et apporte les projets. Doug et Joe font en sorte de les réaliser.
 
Expliquez-nous les différents labels que vous développez : MAF, Signature Edition…
MAF correspond à nos éditions ordinaires, pour les titres non limités qui sont plébiscités (comme Patton) ou pour les nouveaux films. Les Special Collection sont une série limitée pour les scores à grand intérêt et les Signature Editions sont des tirages limités pour les plus petits projets, les titres plus confidentiels.
 
De manière générale, comment se déroule la création d'un album ? Et en particulier en ce qui concerne James Horner.
Les albums de James Horner ne sont pas beaucoup différents des autres. Il y a en général deux étapes majeures : obtenir les droits et trouver les masters des enregistrements. Il n'y a rien de plus frustrant que d'obtenir les droits et de découvrir que les masters sont manquants. Ou inversement de trouver ces éléments et de se rendre compte que personne ne sait qui détient les droits. Ou pire, que l'ayant droit n'est pas intéressé. Admettons que tout se passe bien et que ces deux étapes soient satisfaites, c'est n'est alors plus qu'une question de restauration, de transfert sur un format numérique, d'assemblage de la musique sur album, de mastering et d'approbation de la part du compositeur de cet album. Habituellement avec James Horner, on séquence l'album et on lui envoie pour son approbation. Généralement, il approuve ce qu'on lui envoie.
 
Est-ce important que le compositeur approuve l'album ?
Non, pas nécessairement. Dans la plupart des cas, nous pourrions simplement retirer le compositeur de la boucle, mais nous avons toujours procédé ainsi. Nous aimons qu'ils soient impliqués.
 
Est-ce que les compositeurs interviennent dans le processus ?
Certains plus que d'autres. James Horner aime bien revoir le packaging et s'assurer que les crédits couvrent bien ce qu'il désire.
 
Comment sont décidées les sorties d'albums ?
C'est en fonction de la complexité des masters (l'assemblage d'un album à partir d'un DAT deux pistes est plus facile qu'un séquenceur 24 pistes qui nécessite un mixage) et aussi du temps nécessaire pour obtenir les approbations. Certains concédants sont plus rapides que d'autres. Donc tout ceci doit entrer en ligne de compte quand nous programmons une sortie.
 
A quel point est-il compliqué d'avoir accès aux enregistrements des anciennes BO ?
Cela dépend de l'ayant droit. La plupart des studios contribuent pas mal à ces éditions, mais d'autres ont plus de personnel que d'autres. Donc dans certains cas, on bataille avec des entités, dont l'objectif principal se situe au niveau des films actuels, afin qu'ils intègrent ces projets comme ils peuvent. La patience est donc le nerf de la guerre.
 
Comment est décidé le visuel d'un album?
Cela relève généralement de Joe Sikoyrak, notre directeur artistique, bien que parfois, Doug et moi ayons des illustrations que nous apprécions pour les couvertures, et on le fait bien sentir. Mais Joe sait ce qu'on aime. Je suis assez partisan de conserver le visuel des affiches originales pour nos couvertures.
 
Est-ce que la démarche pour avoir accès aux images d'un film pour les couvertures est chose aisée ?
Oui, les licences que nous avons incluent généralement les images que nous pouvons utiliser dans nos albums.
 
Récemment vous avez multiplié les sorties de musiques très recherchées de James Horner, rien qu'en 2009 par exemple. Comme cela a-t-il pu être possible ?
C'est parfois l'association de licences qui arrivent au bon moment. James Horner a toujours été l'un de mes préférés et je souhaite vraiment que le maximum de son répertoire passé soit édité.
 
Auriez-vous quelques anecdotes à partager, dans le cadre de la confection d'un ou de plusieurs albums de James Horner ?
Vous savez, elles sont toutes assez simples. Bien que pour Something Wicked This Way Comes ce fut un petit défi, car la musique avait été enregistrée sur un format numérique obsolète conçu par 3M. J'ai ratissé le globe pour trouver une machine qui fonctionne, et pour finalement en trouver une chez Disney Imagineering !
 
Quelles sont les éditions qui vous rendent les plus fiers ?
Question difficile ! Je dirais Something Wicked This Way Comes et Journey Of Natty Gann. Ces deux-là formaient mon Saint-Graal. Également Retour Vers Le Futur. Je ne peux pas en choisir qu'une seule !
 
Avec le recul, quelles sont vos impressions sur toutes ces années consacrées à la musique de film ?
C'est énormément de travail ! Mais je suis content, car la plupart des ayant-droits sont plus favorables avec le temps et ont très envie de travailler avec nous pour que des bandes-originales sortent. Sans la coopération de l'AFM (American Federation of Musicians – NDT) et des studios, nous ne pourrions simplement pas faire ce métier.
 
Quels sont les scores que vous aimeriez sortir prochainement ?
Difficile de répondre, de par mon statut, car je connais les 30-40 prochaines sorties. Les albums qui sortent aujourd'hui remontent loin dans le planning et si je répondais, je révélerais nos projets en cours, ce que je ne peux pas faire à ce stade. Cependant, j'aimerais vraiment sortir Volunteers. Nous avons trouvé les masters, mais l'ayant-droit est vraiment difficile à atteindre pour le moment.
 
Que faudrait-il pour qu'un jour nous ayons les scores complets de, par exemple, Balto, En Pleine Tempête, Rocketeer… ?
Du temps. Ces albums sont pour la plupart réalisables. Il s'agit tout simplement de s'y mettre. On pourrait demander pourquoi nous n'avons pas encore fait Rocketeer, et je pourrais simplement répondre que nous venons de sortir un double CD de Danger Immédiat. J'aurais pu faire Rocketeer d'abord et on nous aurait demandé ce qu'il faudrait pour avoir Danger Immédiat. Chaque chose en son temps… J'espère !
 
En exclusivité, pourriez-vous nous révéler la toute prochaine sortie d'un James Horner ?
J'aimerais, mais ce n'est pas encore complètement concret et je détesterais qu'il soit produit et que quelque chose aille de travers par la suite. Je dirai donc que c'est une édition expanded d'un classique des années 80. Un très, très grand score.
 
Merci à Roger Feigelson, qui a pris le temps de répondre à nos questions
 

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